Références installation

Le Réseau d’Exploitations de Référence constitué par l’ITSAP en partenariat avec plusieurs ADAs dont l’ADANA a permis l’élaboration de portraits d’exploitations.

Les cas-types ont pour objectif de représenter le fonctionnement d’un système d’exploitation viable et reproductible. Le cas-type se veut représentatif d’un mode de fonctionnement de plusieurs exploitations similaires, et donc correspondant à des choix et à des pratiques d’apiculteurs cohérents dans un contexte défini. Les résultats décrits sont souvent supérieurs à la moyenne et peuvent être considérés comme des objectifs.

Découvrez les versions résumées des 3 cas-types développés par le réseau.

Cas-type Produire et commercialiser du miel en vrac

Le système décrit ici se base sur 4 exploitations enquêtées entre 2013 et 2015. Il a été construit collectivement, en se basant sur les données du Réseau d’exploitations apicoles de référence, par l’ITSAP et grâce à l’expertise de terrain de l’ADA BFC et de l’ADANA.

Ces exploitations du Sud de l’Aquitaine et de Franche-Comté sont spécialisées dans la production de miels conventionnels, commercialisés intégralement en vrac (aussi dit « en fût » ou « en gros »). Les apiculteurs visent 3 miellées principales dont une en grande culture : une miellée de tournesol en Nouvelle-Aquitaine et une miellée de colza en Franche-Comté. En Nouvelle-Aquitaine, une certaine diversification est présente, avec la production de pollen et la réalisation de prestations de pollinisation en arboriculture (sur kiwi principalement). Les aléas climatiques sont responsables d’une production aléatoire selon les années.

 

Cas-type Produire de la gelée royale sous GRF et Agriculture Biologique

Le système décrit ici se base sur 6 exploitations enquêtées entre 2014 et 2017. Il a été construit collectivement, en se basant sur les données du Réseau d’exploitations apicoles de référence, par l’ITSAP et grâce à l’expertise de terrain du GPGR.

Les apiculteurs ont deux types de colonies avec chacune leur génétique spécifique : les colonies à gelée et les colonies à miel. Les ruches à gelée sont sédentaires et situées à une distance maximale de 5 km autour du laboratoire de gelée royale. La production de gelée royale commence en avril et s’étale sur trois mois. Cette production est moins dépendante des conditions climatiques que celle du miel, permettant aux producteurs d’avoir un revenu un peu plus stable.

Les ruches à miel réalisent 2 à 3 miellées et produisent en moyenne 2 tonnes de miel.

Dans ce cas-type l’exploitation commercialise la gelée royale sous labels GRF-Gelée Royale Française et Agriculture Biologique. Elle est conditionnée principalement en pilulier de 10 g.

Cette production est exigeante en temps et en rigueur. Elle nécessite une organisation particulière qui rythme l’ensemble de la saison apicole. Sur l’atelier gelée royale, l’exploitant embauche un salarié à mi-temps en saison de production. En moyenne, on estime que le temps de travail nécessaire sur l’ensemble de l’atelier est de 1,5 heure par ruche par semaine.

Cas-type Produire du miel sous AOP miel de Corse

Le système décrit ici se base sur 5 exploitations enquêtées entre 2013 et 2015.

Il a été construit collectivement, en se basant sur les données du Réseau d’exploitations apicoles de référence, par l’ITSAP et grâce à l’expertise de terrain du Syndicat AOP Miel de Corse – Mele di Corsica.

Les exploitations de ce cas-type sont spécialisées dans la production de miel et chacune réalise 4 à 5 miellées dans l’année, réparties sur une dizaine de ruchers de production. Les productions de miel de châtaigneraie et de miellats du maquis (metcalfa principalement) sont estimées moins fiables qu’il y a 5 ans, mais restent parmi les trois miellées principales avec le miel de maquis de printemps. En effet, depuis l’apparition du cynips du châtaignier, les miellées de châtaignier sont plus aléatoires et les stratégies des apiculteurs ont évolué. De plus, depuis 2016, les changements climatiques ont entrainé une diminution de la production de miel de miellat. La saison apicole est longue, elle commence fin février ou début mars, et peut se poursuivre jusqu’en novembre voire décembre avec la miellée de maquis d’automne (arbousier principalement).

Les apiculteurs passent une grande partie de leur temps sur les ruchers. La commercialisation, qui se fait en demi-gros, auprès de magasins, représente également un temps de travail conséquent. En effet, la géographie de la Corse induit des temps de trajet longs pour les apiculteurs bien que les distances qu’ils parcourent soient relativement faibles. De plus, les apiculteurs doivent pouvoir approvisionner leurs clients toute l’année, et surtout en saison touristique, ce qui représente une charge de travail supplémentaire en saison apicole. L’adhésion à l’Appellation d’Origine Protégée ‘Miel de Corse – Mele di Corsica’ assure aux apiculteurs de bons débouchés pour leur production.