L’observatoire varroa est un service mis à disposition par l’ADANA pour ses adhérents. En place depuis 2017 grâce à un partenariat avec la FRGDS de Nouvelle-Aquitaine, il a pour objectif d’aider les apiculteurs à évaluer l’état sanitaire de leur cheptel et estimer l’efficacité des stratégies de traitements mis en place. Il permet ainsi à chacun d’avoir une vision globale de la santé de ses colonies.
Les campagnes de comptage ont lieu à deux périodes clés de l’année : en sortie d’hiver et à l’automne. Les résultats alimentent une base de données qui permet de suivre l’évolution des stratégies de lutte utilisées sur le territoire néo-aquitain.
L’ADANA vous propose un retour sur les résultats du printemps 2026.
1. Participation
La campagne de comptage varroa du printemps 2026 a rassemblé la participation de 47 apiculteur.ices.
Ce printemps a démarré rapidement avec une miellée d’acacia précoce et foudroyante. Un certain nombre d’apiculteurs qui souhaitaient participer à cette campagne ont du donner la priorité à la gestion de l’élevage et des miellées et n’ont pas pu intégrer les prélèvements à leur programme.
Toutes les modalités de traitement sont incluses dans les analyses afin de représenter l’ensemble des pratiques des apiculteurs mais les effectifs varient grandement d’une modalité à l’autre. Il est donc important d’être prudent en interprétant et comparant des modalités de traitement. Les observations faites sur des modalités de moins de 40 échantillons sont généralement difficile à interpréter.
La campagne du printemps 2026 a permis de collecter 945 échantillons, provenant de 99 ruchers répartis sur tous les départements de la Nouvelle-Aquitaine. 67 % des ruchers ont été traités avec des molécules admises en apiculture biologique (acide oxalique et/ou acide formique), et 33 % des ruchers ont été traités avec des molécules utilisées en apiculture conventionnelle (amitraze, flumétrine).
Cette répartition de 67% de conduite biologique et 33% de conduite conventionnelle varie chaque année avec les changements de participants. On note cependant que la proportion de conduite biologique est en augmentation depuis 2024.
Selon les dernières études, l’objectif que doivent se fixer les apiculteurs est de débuter la saison avec 0 VP/100ab (ce qui ne signifie pas 0 varroa dans la colonie) pour être serein vis à vis de varroa pour le reste de la saison. Pour connaître la méthode d’évaluation de varroas phorétiques, cliquez ici.
2. Charges varroa selon la stratégie de traitement
La charge parasitaire en sortie d’hiver est le résultat combiné des traitements de fin de saison et des traitements d’hiver. Un traitement de fin de saison suffisamment précoce et efficace permettra l’élevage d’abeilles d’hiver saines, mais ne se suffit pas à lui seul pour atteindre les 0VP/100Ab en sortie d’hiver.
Avec une possibilité de rupture de couvain due au froid, et donc une phorésie forcée pour le varroa, le traitement hivernal est le moment idéal pour éradiquer le plus de varroas résiduels.
En ce printemps 2026, l’objectif de 0VP/100Ab est atteint par 70 % des échantillons.
Le traitement le plus utilisé cet hiver a été le dégoutement d’acide oxalique. La quasi-totalité des colonies concernées par ce traitement ont atteint les 0VP/100Ab en sortie d’hiver 2026.
Toutes les modalités de traitements sont affichées afin de représenter la diversité des pratiques recensées en Nouvelle-Aquitaine mais le faible nombre d’échantillons représentant les pratiques marginales ne permet pas de les interpréter.
La charge parasitaire en sortie d’hiver a également été analysée en fonction du nombre de passages d’acide oxalique réalisés lors du traitement hivernal.
Les colonies ayant reçu 2 dégouttement d’acide oxalique présentent un taux d’infestation correcte mais légèrement supérieur aux colonies ayant reçu un seul passage. Concernant les traitements par sublimation, les apiculteurs ont systématiquement réalisé plusieurs passages.
Une possibilité d’interprétation est que le nombre de passages a été adapté à la situation des colonies. La répétition des sublimations vise généralement à augmenter les chances d’atteindre une période d’absence de couvain. Les colonies ayant reçu quatre passages étaient probablement celles pour lesquelles la présence de couvain persistait ou pour lesquelles la pression parasitaire était jugée plus importante.
Ces résultats suggèrent que malgré la répétition des traitements, la présence de couvain au cours de l’hiver reste un facteur déterminant dans la charge parasitaire en sortie d’hiver.
L’efficacité d’un traitement hivernal à l’acide oxalique dépend fortement de la présence de couvain dans les colonies. En effet, l’acide oxalique agit sur les varroas phorétiques présents sur les abeilles mais n’atteint pas ceux protégés sous les opercules. L’idéal est donc de réaliser le traitement pendant l’arrêt de ponte, lorsque le couvain est absent ou réduit au minimum.
Les résultats de l’observatoire vont dans ce sens. En 2026, les niveaux de varroas les plus faibles en sortie d’hiver sont observés pour les colonies traitées au cours du mois de décembre, avec des moyennes généralement comprises entre 0,03 et 0,39 VP/100 abeilles. À l’inverse, les traitements réalisés plus précocement, fin novembre, ou plus tardivement, début janvier, présentent des résultats plus variables et parfois des charges parasitaires plus élevées.
Ces observations rappellent l’importance de trouver la bonne fenêtre d’intervention : celle où les colonies sont sans couvain. Cette période peut varier selon les années, les secteurs et les colonies.
Traiter ou ne pas traiter ?
En comparant la charge parasitaire en sortie d’hiver des colonies traitées avec celle des colonies non traitées, on constate que 55% des échantillons non traités pendant l’hiver ont atteints l’objectif 0VP100 en sortie d’hiver contre 73% pour les échantillons ayant reçu un traitement hivernal.
Cette différence s’est révélée statistiquement significative : les colonies ayant reçu un traitement d’hiver atteignent plus l’objectif de 0 VP100/Ab en sortie d’hiver que les colonies non traitées, peu importe le type de traitement réalisé.
Une expérimentation menée par l’ADANA lors de l’hiver 2019-2020 sur les traitements hivernaux avait comparé 3 modalités de traitement, à savoir 3 sublimations d’acide oxalique, 2 sublimations d’acide oxalique couplées à une période d’encagement de reine et un lot témoin non traité.
La charge en varroa résiduels en sortie d’hiver pour ces trois lots est représentée sur ce graphique. Les boxplots parlent d’eux mêmes : la charge en varroa en sortie d’hiver du lot non traité est à peu près 10 fois supérieure à celles des deux lots traités, qui eux présentent une charge en varroa équivalente.
Pour lire l’entièreté des résultats de cette expérimentation, cliquez ici.
3. mortalité hivernale
La conduite à l’automne peut être déterminante sur la qualité des abeilles d’hiver, et par conséquent, sur la survie de la colonie à l’hiver. Les abeilles naissant infestées sont plus virosées, affaiblies et plus susceptibles de mourir avant l’arrivée du printemps. Ici, seules les pratiques de traitement de fin de saison les plus répandues sont représentées.
Les colonies traitées avec les modalités LAO et Bayvarol à l’automne 2025 ont subit des taux de mortalité hivernale inférieurs à 20% pour la quasi-totalité. Les échantillons traités à base d’amitraze ont subit un taux de mortalité hivernale allant de 10 à 70%, avec une variabilité très importante pour le traitement Apivar, et une valeur médiane de 40%.
Il est important de préciser que Bayvarol ne doit pas être utilisé au delà d’une fois tous les 6 ans afin d’éviter l’apparition de varroas résistants.
Une moyenne de 21% de pertes hivernales semble cependant en accord avec les derniers résultats de l’Enquête Nationale de Mortalité Hivernale des colonies d’Abeilles (ENMHA) , qui a reporté « 25,6 % de pertes (incluant les colonies mortes, bourdonneuses, faibles et accidentées) estimées […] dont 17,5 % de colonies mortes ».
Pendant l’hiver 2025-2026, parmi les participants à l’observatoire varroa, 30 apiculteurs ont réalisé leur traitement d’hiver en décembre et 9 l’ont réalisé en janvier. Le taux de pertes hivernales associé aux colonies traitées en décembre est de 19%, tandis que celui associé au colonies traitées en janvier est de 27%.
Focus sur les pertes hivernales des colonies traitées avec Apivar en fin de saison 2025 :
Cette année, les colonies traitées avec Apivar en fin de saison 2025 ont présenté des pertes hivernales plus importantes en moyenne que pour les autres traitements, à savoir 40%.
Il est donc intéressant de comparer ce taux avec celui des années précédentes. Grace à l’historique de l’observatoire il a été possible de remonter jusqu’en 2023.
On constate tout d’abord des effectifs variant fortement d’une année sur l’autre. En 2023, plus de 500 échantillons collectés par l’observatoire varroa avaient reçu un traitement Apivar à l’automne. Au printemps 2026, c’est environ 160 échantillons qui ont reçu ce traitement en fin de saison.
Bien qu’il soit difficile de lire une tendance sur seulement 4 années, on constate que le printemps 2026 montre des taux de pertes hivernales des colonies traités avec Apivar bien plus importantes que les années précédentes pour ce même traitement.
L’Observatoire Varroa a vocation de rendre service aux apiculteur.trices adhérent.es de l’ADANA et cela passe par son adaptation pour faciliter la participation. Envois d’échantillons par la poste, accompagnement au rucher pour les novices au comptage, flexibilité sur les dates de prélèvement selon la saison, l’équipe ADANA reste ouverte aux suggestions de ses adhérent.es pour améliorer le service.
Au delà de l’intérêt individuel d’être accompagné.e sur sa gestion du parasite varroa, l’Observatoire Varroa est aussi un outil collectif de surveillance du territoire, qui prend tout son sens lorsque la participation est nombreuse et représentative de l’ensemble des départements. Elle a notamment permis à l’automne 2023 de constater une baisse d’efficacité généralisée de la molécule amitraze, et ainsi a déclenché un nouveau projet d’observatoire de résistances aux molécules.
Votre participation pour cet automne 2026 est importante ! Contactez vos référent.es varroa pour signaler votre envie de participer. Dès que le temps le permet, il est possible de faire ses prélèvements en autonomie et les faire compter par un.e technicien.ne.
Pour s’inscrire à la campagne de comptage de l’automne 2026, cliquez ici.
Vous avez une question ?
Vous souhaitez participer à la campagne d’automne 2026?
Anne Hamlaoui
anne.hamlaoui@adana-asso.fr – 06 64 96 99 32

